A : FDSEA 56
M. GUIHARD Alain
M. HUGUET Patrice
Cité de l’Agriculture
BP 183
56005 VANNES CEDEX
Objet : réponse à la lettre ouverte aux candidats des élections cantonales
Messieurs,
Votre lettre ouverte aux candidats des élections cantonales a retenu toute mon attention et appelle de ma part les réponses et propositions suivantes :
Nous devons réaffirmer la place indispensable de l’agriculture dans l’équilibre du canton de La Roche Bernard et du département en favorisant ses mutations urgentes et indispensables.
OCCUPATION DU TERRITOIRE
Il paraît difficile d’imaginer des zones rurales sans agriculture.
Notre principal défi : concilier la poursuite de notre développement avec la préservation de notre patrimoine naturel et agronomique.
Pour cela, nous devons agir et maîtriser notre consommation foncière.
Il convient de poser les bases d’un développement urbain rationnel et maîtrisé :
En s’appuyant sur l’Observatoire du Foncier dans le prolongement de la Charte « Agriculture et Urbanisme »
En renforçant l’information et la sensibilisation des élus locaux lors de l’élaboration des documents d’urbanisme (SCOT et PLU)
Il faut susciter une vraie volonté des élus dans ce sens.
En développant des réserves foncières publiques ou intercommunales avec la participation financière de « Foncière de Bretagne », et l’action de EADM
En favorisant les échanges de foncier pour regrouper les parcellaires et rapprocher les sièges d’exploitation
En anticipant, très en amont, l’impact des grands projets sur les exploitations agricoles.
C’est bien de protéger le littoral mais la loi très contraignante ne doit pas être un frein
à l’installation d’agriculteurs notamment pour la création du siège d’exploitation qui
doit se faire en zone déjà urbanisée.
Les solutions :
La commune pourrait construire le bâtiment agricole ou la « ferme-relais » et proposer un logement locatif
Les outils de maîtrise du foncier existent (périmètre de protection et de mise en valeur, zone agricole protégée) mais sont peu utilisés. Il faut développer une réelle volonté politique et une vraie concertation avec l’ensemble des partenaires pratiquement sur chaque projet d’installation pour débattre ensemble des problèmes à surmonter (commune, département, profession agricole).
ENVIRONNEMENT
Nous devons prendre conscience de nos richesses et surtout les préserver.
La nature est parfois à bout de souffle.
Aujourd’hui, la collecte et le stockage des effluents d’élevage respectent globalement les normes environnementales en vigueur.
La reconquête de la qualité de l’eau exige une amélioration des pratiques agronomiques, notamment en proportionnant les apports d’engrais organiques et minéraux aux seuls besoins réels des cultures ce qui limitera les fuites d’azote.
Il conviendra de développer des actions de démonstration visant à l’appropriation par les agriculteurs des changements de leurs pratiques.
PLACE DE L’AGRICULTURE DANS LES DÉCISIONS
Le manque de représentativité de la profession agricole dans certaines structures de décision résulte généralement d’un arrêté préfectoral qui fixe unilatéralement les répartitions d’où la difficulté de renforcer le poids de la Chambre d’Agriculture sauf peut être dans les commissions agricoles, comité de pilotage d’études, avis préalable….
INSTALLATION ET RENOUVELLEMENT DES GÉNÉRATIONS
Il est vrai que le nombre d’installations diminue régulièrement et cela pour plusieurs raisons : la forte concurrence sur le foncier au détriment de l’installation, le coût de l’installation, l’intérêt financier personnel des cédants lors de la transmission de leur exploitation.
Nous devons encourager les installations :
En favorisant la modernisation des exploitations pour en faire un outil de production performant
En proposant des audits de la performance énergétique,
En aidant les investissements tournés vers la diversification agricole afin d’augmenter la valeur ajoutée des productions comme la transformation et la vente directe à la ferme avec, des circuits courts, du producteur au consommateur, notamment sur le littoral, ou encore comme l’agriculture biologique…
Voilà une synthèse des réponses et propositions personnelles que je souhaitais apporter à vos questions ouvertes avec le seul souci de relever concrètement les défis économiques et sociaux de votre profession.
J’espère sincèrement pouvoir par ailleurs, lever votre sentiment d’être abandonné par les élus car leur élection n’a de sens que dans leur engagement d’être des facilitateurs à la recherche de solutions concrètes.
Pour ma part, je suis convaincu qu’une vraie concertation permanente, qui manque aujourd’hui, nous permettrait de mieux bâtir ensemble, élus et profession agricole, l’avenir de votre activité dont la dimension économique et sociale reste prioritaire à mes yeux.
L’agriculture doit bien évidemment nourrir les hommes et préserver l’environnement.
En vous remerciant de m’avoir permis de donner mon avis, je reste à votre disposition pour de plus amples renseignements et je vous prie d’agréer, Messieurs, l’expression de mes cordiales salutations.
Édouard MOÏSE